Mon sentiment d’efficacité personnelle, j’y crois!

« J’t’dis, j’te crée pas, j’t’dis, j’te crée pas, j’te jure… ah ben là j’te crée. Ah ben merci. » Yvon  Deschamps, dans le rôle de Ti-Blanc Lebrun à la fin des années 80, nous faisait rire aux larmes avec ce dialogue. Avait-il raison de croire ou pas?

LES CROYANCES

Une croyance est une façon de penser qui permet d’affirmer, sans esprit critique, des vérités ou l’existence de choses ou d’êtres sans avoir à en fournir la preuve, et donc sans qu’il soit possible de prouver qu’elles sont fausses. La particularité d’une croyance est de ne pas être « testée » par l’individu qui y adhère, car elle est d’emblée considérée comme vraie et en adéquation avec sa réalité. En fait, une croyance est une réalité vraie pour soi, mais sans aucun fondement autre que le simple fait d’y croire.

Au travail, nous développons des croyances, comme dans tout domaine de notre vie. Nous croyons, à tort ou à raison, que le nombre d’heures de travail est directement relié à la quantité de succès à obtenir. Nous croyons que l’engagement doit être comme ci ou comme ça, que la vraie motivation est démontrée par l’assiduité, etc. En fait, les croyances sont des moteurs puissants qui font réagir l’humain.

Deux types de croyances

Il existe des croyances limitatives et des croyances facilitatrices. J’ai moi-même quelques croyances facilitatrices en formation telles que : tout le monde peut apprendre, on y arrive toujours avec du temps et de la patience… Ou quelques croyances limitatives telles que : je suis tellement poche en informatique, rien ne sert d’essayer, c’est perdu d’avance, etc. En fait, rien de cela ne repose sur une vérité, mais j’ai adhéré d’une certaine manière à ces  croyances.

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Que se passe-t-il par la suite? Jusqu’à preuve du contraire, je vais vivre avec le résultat de ces croyances tant et aussi longtemps que je ne les changerai pas!

Les croyances sont à la base de tout processus de changement

Nous ne performons pas de façon maximale même si nous avons les compétences requises. Il y a une lecture des événements de notre environnement qui nous incite à vouloir offrir la meilleure réponse possible. Ainsi, notre décodage de notre milieu peut aussi être une source de résistance aux changements.

 

Le processus du changement implique donc de :

  • vouloir changer,
  • savoir comment utiliser différentes habiletés ou stratégies pour changer de manière appropriée,
  • se donner la possibilité d’expérimenter progressivement et dans divers contextes.

Quelles sont mes croyances à titre de formateur? De gestionnaire? Ai-je le goût, le désir de changer? Ai-je d’autres stratégies facilitatrices qui aideraient l’exécution de mes tâches, de mon travail? L’ensemble de mes croyances affecte mon sentiment d’efficacité personnelle de plusieurs manières.

LE SENTIMENT D’EFFICACITÉ PERSONNELLE

Notre sentiment d’efficacité personnelle (SEP) repose justement sur les croyances qu’on entretient quant à notre capacité de réaliser une tâche particulière ou à affronter efficacement une situation précise. Ce sentiment est le résultat d’un processus transactionnel entre l’estimation qu’on fait des exigences relatives de la tâche à exécuter, des ressources que nous possédons ou croyons posséder et surtout de notre  capacité à les utiliser adéquatement dans une situation donnée.

En fait, nous nous faisons déjà une bonne idée de nos chances de réussir et d’accomplir des tâches déterminées. Nous y arrivons en nous basant sur quatre clés servant de toile de fond à notre réflexion et influençant nos prises de décision.

1. Les performances antérieures 

Plus je maîtrise de tâches, plus j’augmente mon SEP. L’expérience passée constitue une excellente prédiction des croyances que la personne entretiendra dans le futur face à son travail. Plus elle aura vécu d’expériences positives en lien ou non avec de nouvelles tâches, plus elle aura la possibilité de considérer qu’elle réussira dans ses nouvelles tâches. Elle aura développé la confiance en ses propres capacités.

2. L’observation

Le milieu dans lequel baigne l’individu a beaucoup d’impact : il observe la manière dont les autres maîtrisent et réussissent leurs tâches à la suite d’efforts continus et cette observation augmente le SEP. Il est dans cet esprit d’autant plus important de développer des milieux de travail stimulants et riches en possibilités de travail en équipe, de pairage entre individus. Ici, nous pourrions mettre l’accent sur l’importance de planifier une solide intégration des nouveaux membres du personnel, d’optimiser les moyens d’apprentissage tels que le pairage, mais aussi l’entraînement à la tâche par les meilleurs employés. Il en résultera un fort sentiment de compétence et de motivation au sein des équipes, et ce, à tous les niveaux hiérarchiques d’une organisation.

3. La communication 

Si une personne crédible dans mon environnement me persuade que j’ai les capacités requises pour maîtriser avec succès une tâche, j’augmente mon SEP. À l’inverse, les personnes crédibles de mon environnement qui me diminuent affecteront considérablement mon SEP. Nous ne mettrons jamais assez l’accent sur les modes de communication en entreprise. Quels sont les canaux de communication à la disposition de tout un chacun? Comment gérons-nous les plaintes et les conflits au travail? Y a-t-il des moments de rencontres formelles et informelles afin de réguler les communications entre les employés? Nous savons à quel point il est important de communiquer, mais il est définitivement primordial de mieux communiquer en qualité, pas seulement en quantité.

4. Mes réactions émotives

Ce que je ressens en effectuant mes tâches affecte aussi mon SEP. Mes émotions affectent d’une façon particulière mon travail. Que ma perception soit faussée ou réaliste face à la tâche à accomplir crée en moi une panoplie d’émotions tantôt positives, tantôt négatives. L’impact de l’émotion n’est pas simplement individuel; celle-ci résonne également chez les autres membres de l’équipe voire de l’organisation. Les émotions sont des marqueurs d’identité, des marqueurs de contagion. Il est important de laisser une place importante aux émotions au travail, car elles sont partie intégrante de l’atteinte des objectifs personnels et professionnels et du développement des équipes.

En conclusion, notre expérience de travail est construite de croyances, vraies ou fausses, que nous entretenons sur notre prédiction de réussite. Nous sommes tous affectés dans notre sentiment d’efficacité qui est influencé par les autres, collègues, patrons, partenaires, concurrents, etc. qui ont jalonné notre vie. En conséquence, soyez des individus porteurs de sens par vos partages d’expériences.

Vos croyances sont au cœur de votre potentiel d’apprentissage. Comme gestion-naire, qu’avez-vous fait récemment auprès de vos employés afin  de les amener à croire en leur potentiel? Comme personne, qu’avez-vous récemment afin de sortir de votre zone de confort et de découvrir votre plein potentiel? Développez la curiosité de l’autre devant vous et offrez le meilleur de vous-mêmes, vous avez un rôle à jouer d’une grande importance!